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Le Sud du Liban se noie dans l’inconnu

Connu sous le nom du pays de résistance, on teste le Liban perpétuellement. Et cette fois, c’était le tour du Sud qui affronte des circonstances anormales suite à la guerre en Palestine, sa voisine.

7 octobre 2023 : une date historique mémorable, un point de tournure pour les citoyens au Sud Liban.

En une nuit, leur ville s’est transformée en un théâtre d’échange de frappes entre Hezbollah et l’armée israélienne. Tout est devenu flou devant eux : Comment agir ? Où aller ? Y a-t-il une fin à cela ? Ils se sont enfoncés dans un noir inconnu…

Qu’ont fait les habitants du Sud ?

Durant les premiers jours, les villages frontaliers sifflaient anxieusement, plus que la moitié de leurs habitants fuyaient vers Tyr, Saida, Beyrouth… craignant de revivre le cauchemar de juillet 2006. Certains se réfugièrent chez des amis ou des cousins, d’autres louèrent la première demeure disponible, tandis que quelques rares familles restaient au Sud, enduraient et souffraient pour ne pas abandonner leur terre.

Une semaine passa sans changement, deux semaines et les bombardements s’intensifiaient, un mois et la situation perdurait… Ce n’était plus une affaire de quelques jours. Confrontés à cela, beaucoup retournèrent chez eux malgré les dangers.

Les familles déplacées avaient beaucoup de difficultés

Comment subvenir aux besoins de leur famille sans emploi ? Comment vivre à des dizaines dans un petit appartement ? Depuis six mois, ces citoyens font leur mieux pour raviver l’espoir dans les cœurs et dessiner des sourires sur les visages de leurs enfants. Avec une énorme nostalgie pour leur vie normale, ils essayent à s’habituer à la fumée omniprésente, aux explosions proches, et à poursuivre leurs tâches quotidiennes.

Toutefois, suite à la destruction de leurs villages, aux bombardements ayant touché leurs maisons ou celles voisines, ou aux routes périlleuses dont certaines sont carrément coupées, pas mal de natifs se voient contraints de retourner chez eux. Ce nombre qui s’amplifie avec le temps a été forcé de laisser tout derrière lui et d’évacuer sans possibilité de revenir dans le futur proche.

La nature souffre aussi depuis le 7 Octobre…

Avec tout le canonnage que la région subit, ses espaces vertes courent une crise et se réduisent progressivement. De plus, les tensions frontalières ont commencé avec l’arrivée de la saison des olives, dont dépendent la plupart des habitants du Sud. Les déplacés ont été privés de cette source de revenu, de même pour ceux restés en place qui ont renoncé à se rendre dans les oliveraies éloignées, trop risquées. En tout cas, les olives comme toutes les autres cultures, ont absorbé les gaz toxiques des explosions et la fumée nocive saturée par le phosphore, ce qui les rend impropres et moins sains à la consommation. Bref, les agriculteurs font face à l’une des pires saisons depuis des années.

L’éducation, une frontière indépassable !

Les écoles au Sud ont refusé de céder à cette situation fragile. En fin de compte, les collégiens et lycéens se retrouvent pris au piège d’une position qu’ils n’ont pas choisie, sans aucun contrôle sur leur destin, donc qu’ils perdent leur année scolaire est injuste pour ces innocents. Si les cours présentiels ont demeuré impossibles, l’apprentissage en ligne est toujours accessible. « Nous n’avons suspendu les cours que quatre jours » confirme la directrice du collège Saint Joseph des Sœurs des Saints Cœurs Ain Ebel Maya Beaino.

Et aujourd’hui ils se sont lancés dans le troisième trimestre.
Les leçons sont émises, et les examens se déroulent à travers de nombreuses plateformes tel que Microsoft Teams, Zoom, WhatsApp… Le plan et la méthode diffèrent d’un établissement à un autre selon ses capacités, sa localisation, et les conditions de ses élèves ainsi que ses profs. Et là, la responsabilité tombe non pas seulement sur le personnel enseignant mais aussi sur les parents qui ont pour rôle d’aider, de poursuivre et de surveiller le travail de leur enfant et l’encourager à ne pas négliger ses devoirs.

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