Société

De collectionneur amateur à un professionnel

L’atmosphère enthousiaste a rempli le bureau de monsieur Waref Kumayha, fondateur du Club libanais de philatélie et des monnaies. Les élèves de cinquième du CPF Montana étaient heureux de lui rendre visite dans son local à Hamra.
M. Kumayha a une collection de plus de 100 000 timbres dans ce bureau. Les élèves lui ont posé plein de questions entre autres: comment il a commencé sa collection, comment décrit-il sa relation avec les timbres…

 

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Comment avez-vous découvert votre intérêt pour la philatélie ?

J’observais mon oncle, depuis l’âge de neuf ans, quand il recevait des lettres de mon grand-père, c’est-à-dire son père, qui vivait à l’étranger. Il avait l’habitude de rassembler les timbres et de les mettre dans une boîte au hasard et sans organisation. Petit à petit, j’ai commencé à collectionner des timbres, et au fil du temps, j’ai développé mon hobby, et je suis passé d’un amateur à un professionnel. L’amateur est celui qui collectionne les timbres au hasard, tandis que le professionnel collectionne les timbres de manière organisée et se fixe un objectif, par exemple la collecte de timbres sur un sujet spécifique comme le sport, l’art …

Comment avez-vous commencé à les collectionner ? Est-ce vraiment un passe-temps coûteux, comme on le dit ?

Rien n’est donné en cas de professionnalisme, mais on peut débuter avec quelque chose de très simple. Quand j’étais jeune, mon père me donnait 250 livres libanaises comme argent de poche, dont je consacrais 50 pour acheter des timbres. Si vous aimez vous aussi les collectionner, vous pouvez vous rendre au bureau de poste et en acheter à un prix aussi bas que 500 Livres. Les normes changent quand on devient professionnel, et le prix des timbres variera en fonction de leur rareté, de leur emplacement ou encore d’autres raisons.

« Comme ma relation avec mes enfants… Je m’en occupe et je fais beaucoup d’efforts pour faire ma collection. Je m’en soucie et je la garde précieusement. »

Que pouvez-vous nous dire de votre relation avec vos timbres ?

« Comme ma relation avec mes enfants, je m’en occupe et je fais beaucoup d’efforts pour faire ma collection. J’en prends soin et je la garde précieusement. Le timbre doit être préservé d’une manière spéciale pour qu’il ne s’abîme pas avec le temps. Par exemple, je ne le tiens pas directement avec la main, mais avec une pince. De cette façon j’évite de transférer ma sueur dessus et du fait, qu’il ne s’oxyde avec le temps. J’achète également des albums de timbres auprès de sociétés internationales spécialisées dans ce domaine. Et j’y place les timbres de manière ordonnée et chronologique. Ainsi, tout comme je garde, je prends soin et je nourris mes enfants, je le fais aussi pour mes timbres…

Quel est l’objectif de la création du « Club libanais de philatélie et des pièces » ? A-t-il eu le succès souhaité ?

Ce club vise à organiser ce passe-temps, comme le font les clubs de football, basket-ball ou d’échecs… C’est un endroit où l’on rencontre d’autres personnes qui aiment collectionner les timbres. L’objectif est de développer ce hobby qui se base sur la culture et la connaissance. À travers des timbres par exemple, nous parlons de l’histoire du Liban, des monuments historiques et de nombreux autres sujets. Le club a beaucoup gagné en popularité, et le nombre de ses membres sur Facebook a atteint plus de 4000 abonnés venant du Liban et de la région arabe, d’Europe, d’Amérique et du monde entier.

Participez-vous à des expositions internationales de philatélie ?

Bien sûr, je participe à de nombreuses expositions et j’en ai même organisé spécialement pour ma collection. Le but de la collecte de timbres n’est pas seulement de les placer dans un album et de les garder pour soi, mais aussi de les montrer aux autres, car c’est ainsi que leur valeur augmente. La collection de timbres est un type d’art, donc les gens devraient aussi le voir. Notre club a organisé de nombreuses expositions, dont une sur les savants Libanais, que nous allons bientôt faire dans un autre pays arabe.

Avez-vous déjà participé à une vente aux enchères mondiale de timbres ? Avez-vous réussi à acquérir le timbre convoité ?

Actuellement, il existe un autre moyen d’acheter des timbres, non seulement aux enchères, mais en ligne sur des sites spécialisés. S’il y a un timbre que je ne possède pas et que je souhaite ajouter à ma collection, je le recherche sur Internet et je l’achète. Les timbres peuvent également être achetés dans les bureaux de poste de n’importe quel pays. Par exemple, je voulais un timbre du chercheur Idrissi, émis sur l’île Maurice dans l’océan Indien, pour être inclus dans mon groupe de timbres sur les savants. J’ai pu le commander à travers le site du bureau de poste de l’île pour compléter ma collection.

« Quand une personne commence à se passionner, elle commence à collectionner des timbres au hasard, et avec le temps, il faut trouver une spécialisation. »

Quel est le timbre ou la collection que vous souhaitez acquérir ?

« Lorsqu’une personne commence un hobby, elle commence à collecter des timbres au hasard. Et avec le temps, elle doit avoir une spécialisation ». Tout comme vous, vous étudiez toutes les matières maintenant, mais plus tard vous choisirez un seul sujet. Il y a des collectionneurs de timbres liés à un thème humain, mathématique, scientifique, ou les fleurs et les animaux … Puisque ma collection a pour thème les savants et les personnalités, je m’efforce à avoir des timbres qui la complètent.

Tenant compte de la situation économique, si l’on vous propose de vendre une série ou juste un de vos timbres contre de grosses sommes d’argent, y pensez-vous deux fois avant de décider ? Pouvez-vous vendre si l’offre est alléchante ? Ou refusez-vous sans réfléchir à la question ? Et pourquoi ?

Je ne vends pas, car j’ai une relation très forte avec mes timbres. J’espère que je ne serai pas obligé d’en vendre. Si j’en possède des doubles, je peux les vendre pour en acheter un que je n’ai pas. Un grand nombre de mes amis ont vendu leur collection pendant la guerre pour des raisons matérielles et psychologiques. Il y a aussi des enfants qui vendent celles de leurs grands-parents ou de leurs pères, simplement parce qu’ils ne s’y intéressent pas.

George Pietro Fakhoury, l’auteur du livre « La collecte de timbres est une science et un passe-temps », dit : « La collecte de timbres ressemble à planter des arbres. Si vous n’apprenez pas comment le faire proprement et à en prendre soin, vos arbres ne donneront pas de bons fruits. » Êtes-vous d’accord avec cette opinion ?

A 100% d’accord. Personnellement j’ai comparé les timbres aux enfants, donc si nous ne nous soucions pas d’eux, ils ne grandiront pas bien. Et s’ils sont laissés à l’air libre, ils seront endommagés et leur couleur deviendra jaune. Ce qui signifie que des bactéries y sont entrées et les détruiront. Alors ils perdront beaucoup de leur valeur.

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