Environnement

Raies rares et géantes à Tyr

Tyr | La mer de Tyr n’arrête pas de fournir des trésors précieux au Liban. Hier encore on avait parlé des épaves échues, des poteries et des pierres archéologiques trouvées par les plongeurs au fond de la mer.  Mais aujourd’hui, des pêcheurs ont vu de rares espèces marines sur les plages.

Les pêcheurs ont retrouvé des poissons morts de la race des raies dans leurs filets. Ils ont contacté Dr Jamal Younès, fondateur et propriétaire du musée de la faune et de la vie marine « Lebanese Marine and Wildlife Museum » pour élucider le mystère de ces poissons si rarement pêchés au Liban. Yomkom te transmet les détails,

Dr Jamal Younes

Dr Jamal, à quel genre de poissons appartiennent-ils ?

6 différents genres de raies ont été trouvés, et tous sont rares et ne vivent pas normalement dans la mer libanaise. Entre autres, la raie à longue queue qui peut mesurer 2 mètres et peser jusqu’à cent kilos, et la raie Léopard considérée comme l’une des plus féroces de la famille. Une raie Manta dont les ailes font 1.5m d’envergure est dans le lot. Regarde la vidéo ci-dessous, les raies sont extraordinaires.

 

Comment a-t-on trouvé ces poissons ?

Les raies sont de la famille des requins, et elles vivent dans les profondeurs des eaux. D’habitude, durant les grandes tempêtes, les poissons se réfugient sur les côtes pour se protéger. Les pêcheurs attendent ces jours-là pour pêcher des plus gros poissons, comme le maquereau et le thon. En lançant leurs filets au large, ils attrapent parfois des requins, des raies, et même des dauphins et des tortues de mer. Quand ces poissons sont vivants, les pêcheurs les libèrent et les rejettent à la mer. Mais pour la plupart du temps ils meurent, alors ils sont ramenés au docteur Younès pour qu’il les examine. C’en était le cas à Tyr. 

« Nous tenons à sensibiliser les gens sur l’importance de sauvegarder la vie marine et de ne pas tuer ni pêcher les animaux rares ou en danger d’extinction ».

Que faites-vous de ces animaux après les avoir examinés ?

Au cas où ils sont vivants et en bonne santé, je les remets dans la mer, car en tant qu’organisation, nous tenons à donner l’exemple et à sensibiliser les gens sur l’importance de la sauvegarde marine en évitant de tuer ou de pêcher les animaux rares ou en danger d’extinction. D’ailleurs je refuse catégoriquement de momifier des animaux toujours vivants. Par contre je soigne les animaux blessés par les filets, et je les réhabilite pour revivre dans la mer. Quant aux raies, je suis en train de les momifier pour les mettre au musée de la faune et de la vie marine.

Où se trouve ce musée et que contient-il ?

En l’an 2000, J’ai fondé le musée de la vie marine et de la faune, qui se situe à Jeita, grâce à un effort et un investissement personnels. Je suis dentiste de profession, et je pratique toujours la dentisterie. Le musée est mon hobby résultant de mon amour pour les animaux, auquel toute ma famille participe. C’est un musée qui regroupe des trésors marins libanais, et est certifié de « National Geographic Society » ainsi que de « Oceanographic Museum of Monaco ». Nous y exposons depuis 19 ans déjà, les animaux marins que nous trouvons dans les eaux libanaises et la mer Méditerranée seulement. Le but primordial du musée est la sensibilisation environnementale.  Possédant une collection de poissons qui dépasse les 50 genres, le musée détient aussi des records. Par exemple celui du « Lebanese Tiger Shark », le requin libanais tigré, car celui trouvé au Liban mesurait 4.75 mètres, alors que dans tous les registres scientifiques sa taille maximale est de 3.75 m.

Par quoi se singularise le musée Libanais de la vie marine et de la faune ?

La plupart des musées marins exposent soit des squelettes d’animaux marins, ou possèdent de grands aquariums avec des poissons vivants. Nous sommes le seul musée qui possède un aussi grand nombre d’animaux momifiés. En plus du requin géant trouvé dans les eaux libanaises, taille record, il y a aussi celui de la pieuvre géante trouvée à Tyr, une femelle pesant 6 kg et mesurant 1.5m. Une fois l’embaument terminé, les raies trouvées aussi à Tyr y seront exposées.  Nous sommes le seul pays méditerranéen qui a un musée marin comme le nôtre, nous attirons des chercheurs qui viennent de partout consulter nos spécimens.

Ce musée, a-t-il des conséquences négatives sur l’environnement ?

Contrairement à ce que l’on croit, la momification des animaux n’est pas nocive pour l’environnement, tant qu’on ne tue jamais les animaux pour le faire. Nous visons la sensibilisation des visiteurs à la vie marine en observant les animaux de la Méditerranée. Nous ne pêchons pas les animaux pour les exposer dans le musée, et surtout nous n’en momifions jamais des vivants. Bien au contraire, nos experts marins traitent souvent des poissons blessés pour les remettre dans la mer. Nous refusons aussi les doubles des spécimens déjà existant chez nous pour éviter le procédé de la momification qui est long et fatiguant.

« J’ai fondé ce musée par amour aux animaux »

Ce musée, reçoit-il une attention officielle ?

Malheureusement, le musée n’a aucun support : ni gouvernemental, ni de la part du ministère de l’environnement. Le gouvernement s’occupe plus des affaires politiques et économiques et néglige l’environnement. Ce musée est le fruit de mon grand amour pour les animaux, et j’ai veillé à ce que tous les animaux qui y sont, soient sauvegardés et répertoriés selon des standards internationaux.  Ce musée Libanais rivalise avec les plus beaux musées au monde, et j’insiste sur le fait qu’il soit Libanais, car tous les animaux qui y sont ont été trouvés dans les eaux libanaises.  Nous comptons dépasser les autres, pour que le Liban soit une destination touristique scientifique sans pareil dans le Moyen Orient. Dommage qu’il n’y ait aucune coopération politique ou médiatique au Liban pour nous aider. Nous remercions le site Yomkom pour son intérêt.     

 

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