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Salon du livre : la part belle de la bande-dessinée arabe

La bande-dessinée arabe fait parler d’elle dans tous les festivals les plus importants du neuvième art à travers le monde. Il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne brille pas aussi à domicile.

Ce vendredi 9 novembre, Karen Keyrouz signait son album de bande-dessinée Flux et reflux au Salon du livre francophone de Beyrouth. Son ouvrage est une histoire intimiste au graphisme novateur pour lequel elle a mobilisé plus de 15 techniques, ce qui donnera un résultat qui vous surprendra. Karen Keyrouz représente définitivement la nouvelle génération de bédéistes arabes qui a émergé aux alentours des années 2010. Elle fait partie du collectif libanais Samandal crée en 2007, pionnier de la « mise en réseau » des auteur·e·s. Mais si elle incarne aussi bien la nouvelle génération de bédéistes arabes, c’est qu’elle ne se contente pas de participer, elle a aussi créé son propre collectif, Zeez, accompagnée de quelques autres talentueux auteur·e·s tel·le·s que Tracy Chahwan, Nour Hifaoui Fakhoury, Karen Keyrouz ou encore Omar Al Fil.

Tracy Chahwan

Nour Hifaoui Fakhoury

Omar El Fil

Le neuvième art n’est pas nouveau dans le monde arabe, il est apparu dès les années 1920. À  l’époque, c’est l’art de la caricature qui était alors le plus visible. L’avènement de la bande-dessinée franco-belge, dans les années 1960, et des Marvel, au cours des années 1970, ont eu tendance à évincer les talents régionaux notamment confrontés à un manque de moyens financiers, et au risque de la censure.

Et pourtant, la bande-dessinée arabe a décidé de survivre, et même, aujourd’hui, d’exploser parce qu’elle a un quotidien et des critiques sociales à exprimer au travers de références communes et de l’expérimentation. Quant à la langue, peu importe, elle est multiple, dialectale ou étrangère parce qu’elle doit être au plus près de l’expérience du dessinateur·rice, du narrateur·trice. Et puis peu importe aussi puisque nous leur souhaitons de toucher leur public, mais aussi de rayonner dans le monde entier. Ce qui est déjà en train d’arriver grâce à des auteur·e·s établis à l’étranger comme Riad Sattouf et sa quadrilogie « l’arabe du futur », mais aussi par des auteurs traitant du monde arabe en ayant laissé de côté les mauvaises caricatures de l’arabe que l’on pouvait trouver chez Tintin et les autres. C’est par exemple le cas de l’Américain Joe Sacco qui utilise la bande-dessinée comme support journalistique (et oui, il est temps que vous vous laissiez surprendre par la diversité des supports d’information), notamment pour parler de la Palestine.

Riad Sattouf

Joe Sacco

Ce qui fait aujourd’hui la spécificité de la bande-dessinée dans le monde arabe, bien plus qu’une forme artistique particulière ou des récits, c’est la façon dont elle s’organise. Une organisation basée sur la coopération et la solidarité au travers de collectif comme Samandal, mais aussi Skefkef au Maroc ou encore Lab619 en Tunisie. Ce que Karen et ces collègues représentent, c’est la subversion par le crayon !

Vous pouvez retrouver l’album de Karen parmi les publications de l’Alba, l’académie libanaise des beaux-arts, et participer à ce mouvement en suivant les artistes et collectifs sur les réseaux sociaux.

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